FAUX !
Le manque d’attractivité touche toutes les universités de la même manière. Les syndicats et médias spécialisés sont unanimes et soulignent tous ce problème qui ne fait qu’empirer : grilles de salaires trop basses et concurrence avec le secteur du privé sur des métiers communs (DSI, Achats, Logistique et Maintenance…). Voir par exemple un article de l’AEF ici ou la prise de position du président de l’Université Paris Cité, un établissement voisin qui vit les mêmes difficultés que SU, ici.
Quelles sont les actions entreprises à Sorbonne Université ? L’IFSE (Indemnité de fonction) a été réévaluée et une prime CIA (Complément intermédiaire annuel) a été mise en place, et permet à 100% des BIATSS titulaires de bénéficier d’une prime, quand ils étaient seulement 10% avec l’ancien système PII. Les emplois des personnels administratifs et techniques sont requalifiés pour une meilleure rémunération : entre 2022 et 2023 le nombre total de personnels de catégorie A et A+ a augmenté de +5,6 %, celui de catégorie B a augmenté de +8,9 % alors que celui de catégorie C a baissé de -7,8 %. Une augmentation globale de 3,5% des effectifs, témoin du dynamisme de notre activité et de notre capacité à recruter, loin de la petite musique décliniste qui voudrait nous faire croire à une désertion massive des troupes ! La hausse se fait essentiellement par un recrutement de personnels contractuels (en exploitant notamment les préciputs issus des ressources propres) au détriment des postes statutaires, dont le nombre décroit du fait des décisions ministérielles.
La mobilité est une conséquence de tous ces phénomènes : les repyramidages conduisent à l’ouverture de concours, qui sont nationaux. Les jurys, dans toutes les universités, attribuent les postes à des candidats internes ou externes, selon leur mérite. Cela crée une mobilité sortante forte à Sorbonne Université, lorsque nos personnels, qui bénéficient de plus en plus de formations de qualité pour le développement de leurs compétences, réussissent les concours dans d’autres établissements. Elle est compensée par une mobilité entrante forte, lorsque des candidats externes sont retenus par les jurys sur des postes à SU. Plus qu’une fuite des talents, le problème est le turnover qui en résulte et qui n’est pas bon pour l’établissement. Mais il n’est bien sûr pas question, pour la gouvernance de l’université, d’empiéter sur la souveraineté des jurys. Le turnover est aussi dû à l’augmentation du nombre des emplois contractuels. Pour la limiter, Sorbonne Université augmente le taux de cédéisation.
La bataille se mène aussi auprès du ministère, car le véritable problème demeure la baisse des budgets octroyés par l’état. Le 3 novembre dernier, l’association Udice (alliance de 13 grandes universités françaises), présidée par Nathalie Drach-Temam, a publié un communiqué de presse dénonçant l’appauvrissement organisé des Universités, qui se conclue par ces mots : Une Nation qui délaisse sa jeunesse et la science compromet irrémédiablement sa souveraineté intellectuelle, économique et démocratique. Une voix digne et forte, qui porte, qui contribue à augmenter la pression sur le ministère, et qui permet d’obtenir des mesures favorables lors de la négociation des moyens.