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Nous le savons et le vivons tous depuis des mois : les universités sont en tension financière permanente. Mais ces difficultés sont largement minimisées par le ministère de la recherche, qui pointe une prétendue mauvaise gestion (qui serait donc généralisée sur le territoire) et évoquent un trésor caché : des milliards de trésorerie  « dormante ».

 

De leur côté, les présidences d’université protestent : si les trésoreries ont augmenté depuis 2020, c’est essentiellement à cause des avances et acomptes versés dans le cadre des appels à projets, déjà fléchés sur des actions spécifiques et donc indisponibles pour financer nos besoins courants.

Pour trancher ce débat, la Cour a mené un audit portant sur 63 universités et 8 organismes de recherche. Sa conclusion est claire et sans appel : le trompe-l’œil dénoncé par les présidences d’université est bien réel.

 

La part réellement « libre d’emploi » est devenue dérisoire : elle ne représente plus que 4% de la trésorerie des établissements en France contre 30% en 2020 ! Autrement dit : les milliards mis en avant par le ministère ne sont pas des marges de manœuvre, mais des crédits déjà engagés.

 

Dans le même temps, nos établissements doivent faire face à de nouvelles dépenses sans moyens pour les assumer : +20% d’étudiants depuis 2012, explosion des coûts de l’énergie, revalorisations indiciaires, complémentaire santé, hausses des cotisations retraite… Le tout très imparfaitement compensé par l’État.


La subvention pour charges de service public n’a progressé que de 10% entre 2020 et 2024, moins vite que les dépenses de personnel, si bien qu’une part croissante des dépenses de fonctionnement bascule sur les « ressources propres » en limitant nos marges de manœuvre. Là encore, la Cour des comptes confirme noir sur blanc que cette subvention « ne couvre plus intégralement certaines charges structurelles » et que considérer la trésorerie comme le signe d’un « excès de financement » est une lecture erronée.

 

Ce rapport a le mérite de dénoncer le discours officiel présentant les universités comme « à l’aise », alors même que nous faisons cours dans des conditions dégradées, que les équipes sont épuisées et que les arbitrages budgétaires se font dans une situation de plus en plus tendue.

 

Pour que le financement des projets soit efficace, il faut que l’environnement qui les accueille ne soit pas à l’os, que les personnels ne soient pas épuisés par le sous-effectif et que l’État assume son rôle au travers d’une subvention pour charge de service public qui soit à hauteur de nos besoins.

La Cour des comptes alerte sur les difficultés financières que nous rencontrons à l’université

12 mai 2026

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