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Motion contre la LPR proposée par les élus et élues Réunis (FL 27/11/2020)

Motion contre la LPR proposée par les élus et élues Réunis

Conseil de la Faculté des Lettres de Sorbonne Université, vendredi 27 novembre 2020

La Loi de Programmation sur la Recherche (ex LPPR) n’est plus un projet, mais une réalité politique et juridique, votée ce mardi 17 novembre 2020 par l’Assemblée Nationale, après un passage par le Sénat dans la nuit du 28 au 29 octobre. La chambre haute a cru bon d’ajouter à un texte déjà très contesté des amendements qui, pour dire le moins, sont loin de faire consensus, notamment la remise en question du CNU dans l’accès au recrutement des enseignantes-chercheuses et enseignants-chercheurs, et une nouvelle incrimination pénale pour « trouble à la tranquillité ou au bon ordre de l’établissement » dont le champ, particulièrement vaste et imprécis, ouvre la voie à des mesures autoritaires et arbitraires.

Cette loi n’est plus un projet, désormais, puisqu’elle est votée et sera bientôt notre réalité universitaire.

Nous connaissons cette réalité, nous la vivons au quotidien. La LPR l’amplifie et l’aggrave, sans rien proposer pour corriger la pénurie structurelle, ni infléchir ses directions néfastes – le culte du projet à court-terme notamment.

Le principal problème de l’enseignement supérieur français n’est pas le taux de succès aux appels à projet, ni la rigidité présumée du statut d’enseignant-chercheur, ni celle de la fonction publique, ni le rôle du CNU dans la régulation des carrières, ni les mobilisations étudiantes qui viendraient faire entrave aux réformes passées de toutes façons en force. Le principal problème de l’enseignement supérieur français n’est pas abordé par une loi qui n’est à la hauteur ni des enjeux, ni des attentes de la communauté académique, dans sa diversité (étudiantes et étudiants, personnels administratifs, enseignants et scientifiques).

Le principal problème de l’enseignement supérieur est le défaut de moyens récurrents alloués chaque année aux établissements, conduisant ses acteurs à faire toujours plus (de cours surchargés, de tâches administratives, de projets...) avec des moyens en baisse ou au mieux en stagnation. À l’heure où nous devons procéder à nos arbitrages budgétaires universitaires et facultaires, il est important de rappeler que nos moyens collectifs sont insuffisants, et que l’évolution de ces dernières années est une source d’inquiétude, de mal-être et de tensions croissantes au sein de notre communauté.

La Subvention pour Charge de Service Public accordée à Sorbonne Université, et partant à la Faculté des Lettres, est largement insuffisante pour que nous puissions accomplir nos missions de service public dans des conditions décentes.

Contre une Loi élaborée sans concertation si ce n’est avec un cénacle de conseillers du Ministère, nous en appelons à une loi de financement consacrée aux moyens pérennes des Universités. Le temps long, la stabilité et la confiance sont les conditions nécessaires aux scientifiques pour mener à bien leur recherche, aux enseignantes et aux enseignants pour bâtir, déployer et faire évoluer leur offre de formation, et aux personnels administratifs pour coordonner et faire fonctionner l’ensemble de cet univers institutionnel.

Ce sont les grandes orientations que devrait poursuivre toute nouvelle loi relative à l’enseignement supérieur, avec un véritable plan pluriannuel de financement des universités.

Nous ne souffrons ni d’un manque de projets, ni d’une insuffisante flexibilité, mais surtout d’une absence de sécurité financière et institutionnelle.

Seul un plan de recrutement massif, impliquant une ouverture de postes de titulaires, et non de postes précaires, financé par l’augmentation des Subventions pour Charge de Service Public versées annuellement aux Universités, pourra permettre aux établissements de l’enseignement supérieur de fonctionner dans les années à venir et à ses acteurs d'assumer sereinement leurs missions de service public.


Cette motion a été adoptée :

34 votants

30 pour

0 contre

2 abstentions

2 ne prennent pas part au vote

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